La rencontre avec un objet peut être aussi surprenante que la lumière précieuse d’un après midi d’automne. Elle nous reconnecte avec une évidence que l’on avait oubliée. Elle dit la liberté imprévisible de ce qui survient et nous réjouit. Elle fait aimer le rare et l’éphémère. Ici, je réalise combien le nom, The Floating House, est juste. On ne sait jamais trop quand la maison flottante viendra accoster dans une rue de Paris. De quoi la prochaine rencontre sera faite. Quel sera son lot d’objets d’ailleurs. J’aime les tapis mauritaniens tressés de cuir. J’y peux voir le geste serré et précis des doigts d’artisans qui savent les gestes de leurs anciens, les motifs simples et sûrs, les couleurs cuites au soleil des terres chaudes. J’aime les plats indiens, patinés et repeints de signes blancs qui, sur la matière brute, ont la puissance d’incantations un peu magiques. J’aime les suspensions indonésiennes tressées à la main avec du fil métallique. On dirait d’étranges fleurs qui viendraient redonner à la lumière électrique des intérieurs la liberté et le mouvement d’une lumière naturelle, le génie humain en plus. J’aime les longs coussins bleus de Thailande comme des promesses de sieste blanches et solaires… Il faut que le regard et l’intuition des deux fondatrices soient particulièrement centrés pour que, à ce point, derrière les formes, les couleurs et les matières des objets qu’elles choisissent, on trouve chaque fois une intention si juste et si intense.

Il faut repartir de là… de la patience… de la discrétion… affiner les sens… ne laisser passer que ce qui fonctionne avec clarté…

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