Petit à petit, on voit apparaître un nouvel acteur sur la scène cosmétique. Redness Solutions de Clinique revendique une technologie Probiotique. Le Baume AP+ Lipikar chez La Roche-Posay vise notamment à rétablir et stabiliser l’équilibre du microbiome. Le produit AO+ Mist de Mother Dirt contient des bactéries vivantes… Le microbiome devient un élément avec lequel il faut compter.

Les prochaines Journées Jean Paul Marty (2) ont pour thème Peau et Micro-Organismes. Ce sera l’occasion de faire le point sur l’état de l’art, l’avancée des connaissances sur la nature et les fonctions du microbiome, mais aussi sur l’émergence de nouveaux principes actifs qui ciblent ou prennent appui sur la flore cutanée.

Pour nous, la notion ravive avec malice le concept de seconde peau. La matière de ce « vêtement » sans lequel nous ne pourrions nous sentir tout à fait nous même, et bien cette matière pourrait maintenant être tissée de corps invisibles, d’étrangers longtemps pensés indésirables. Songeons ici aux manies hygiéniques de nos sociétés, à cette obsession du propre, du stérile, du pur, cette pulsion à se penser comme un corps à préserver absolument du monde extérieur. Il y aurait un « nous » et puis « le monde ». Et bien, c’est raté. Impossible désormais de penser son identité sans penser celle de cet éco-système microbien ; petit monde d’un kilo et demi qui se compose en nous et sur nous. Notre corps contient 10 fois plus de micro-organismes que de cellules. Sans ce monde là, pas de système immunitaire. Propres, nous sommes morts ! Enfin, il y a des chances que sales aussi, mais, bon…

Je est un autre donc. Là où les magazines nous invitent à nous connaître nous même, à trouver à l’intérieur la source de notre beauté, je trouve intéressant que la biologie vienne bousculer un peu les choses. Pour bien se connaître il faut aussi apprendre à connaître l’autre, ces êtres cellulaires et invisibles qui conditionnent notre être au monde.

En 2004, nous lancions la première édition de « Seconde Peau ». On évoquait l’idée selon laquelle « L’individu pour évoluer et se développer a besoin de se sentir en confiance, protégé au sein d’une enveloppe qui lui donne la hardiesse d’explorer de nouveaux territoires. Chaque étape pouvant être l’occasion d’une mue, de se former une peau à ses nouvelles dimensions. Peau, armure, parure, combinaison spatiale… permettent à l’homme de grandir, de conquérir peu à peu son univers, de construire l’humanité. »

Le microbiome vient proposer un nouvel horizon à cette réflexion. D’où l’envie de creuser un peu.

D’ici au Symposium, je tenterai de partager quelques notes d’exploration…

A suivre !

Photo : vêtement BioCouture / Suzanne Lee s’intéresse aux micro-organismes pour faire “pousser” des vêtements.

(1) Le concept de “Stratum Microbium” est promu par Induchem

(2) Journées Jean Pau Marty du 8 au 9 décembre 2015