Il y a un peu de ça, sans doute… Néanmoins quelque chose d’autre donne de la profondeur à cette image.

L’image beauté risque assez rarement le jeu du miroir. Convoquer l’image d’un reflet dans une image est une façon de mettre l’image elle même à distance… Ce qui, dans une image publicitaire, peut conduire à désamorcer son efficace. Jouer le miroir, c’est aussi risquer de mettre en scène cette rencontre anxiogène avec sa propre image : miroir, mon beau miroir… suis-je toujours aussi jeune ?



Mais ici, le rapport est inversé. A bien y regarder, c’est l’image qui semble s’interroger sur la réalité. L’image dans le miroir a davantage de présence que le personnage réel, en amorce, flou, sur la gauche. Le regard est à la frontière entre le doute et la fascination. Comme si le reflet se trouvait tout étonné d’une vie soudaine, plus effective, plus opératoire que la réalité corporelle. Le reflet plus réel que le modèle !



Au fond, dans cette image, se déroule quelque chose de l’ordre du conte… Une photographie qui lorsqu’on la regarde nous ouvre la porte d’une histoire… Une image très cinématographique sur le concept de seconde peau… Où l’apparence prend toute la profondeur du réel, n’en déplaise à Platon… J’aime à penser qu’il fallait le regard d’une maison de Parfum, naturellement sensible à la présence de l’intangible, pour donner cette substance là à une image. Un peu de beauté dans la beauté… finalement!