Depuis plusieurs mois que nous travaillons sur le thème, celui-ci ne cesse d’opposer de malicieuses résistances. Un article paru dans Beaux Arts magazine rappelle que la question de la beauté n’est pas du domaine de la mode. De nombreuses marques de mode, nourries de parfums, de maquillages et de soins, ont sur la question une attitude plutôt distante et silencieuse – une façon de ne pas vouloir reconnaître leurs filles prodigues ? Certains laboratoires, quant à eux, rechignent à s’exprimer sur les transferts de technologie entre textile et cosmétique, confidentialité oblige. Ces résistances rendent évidemment le sujet plus exaltant. Car il y a bien un sujet !



D’un point de vue marketing, la plupart des parfums vendus dans le monde le sont sous la griffe d’un couturier. Cela pose naturellement la question de l’identité des marques de mode dans l’industrie de la beauté. Question qui se pose en termes de communication mais aussi en termes de formulation et d’innovation produit – y compris en matière de soins anti-âge!

D’un point de vue sémantique, les vêtements se font « seconde peau » et la peau est pensée comme tissu. Plus globalement, l’approche « holistique » de l’estime de soi incite évidemment à rapprocher beauté et mode dans la pensée de l’apparence – la façon dont on apparaît aux autres… ou à soi même.

D’un point de vue technique, les nouveaux textiles fonctionnels ont des visées cosmétiques. Par ailleurs certaines innovations cosmétiques sont directement dérivées de la chimie des textiles. Et la formulation de soins à comportement matriciel n’est pas sans rappeler certains tissus high-tech.

Les deux termes, mode et beauté, ne sont donc pas sans relations. Reste que ces relations sont peut-être taboues! Penser un soin comme produit de beauté peut lui ôter sa dimension « thérapeutique ». Imaginer des liens fonctionnels entre mode et beauté, pourrait provoquer des chocs culturels – créateurs, “marketers” et scientifiques travaillant de concert ? Mais la pro-vocation est précisément ce à quoi doit aboutir une telle réflexion…

Voilà donc, dans le désordre, quelques instances d’un sujet plutôt complexe. Il vient prolonger une réflexion que nous avions lancée en 2004 sur le thème de la seconde peau.

A la veille du salon, près de 15 laboratoires peaufinent une collection de textures inspirées par le travail de la mode. En préparation de la plateforme, Beauty-Thinks proposera une série d’articles inédits – ou non ! – sur les relations entre peau, beauté et mode. En espérant que le sujet saura susciter quelques fructueux échanges…

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