Les 3 premiers livres proposent une exploration de la beauté à travers les arts, de la préhistoire à l’âge classique. Beaux arts et métissage des cultures composent un imaginaire évidemment attrayant, entre curiosités d’érudits et errance muséale.

Puis vient la modernité. Il y a de la déconstruction, de la technique, une forme d’outrance, l’image devient propagande, réclame, publicité… Les images ne parlent plus tant de beauté que du travail d’industrialisation dont la beauté fait l’objet. Et après ?

Etonnamment, le dernier livre, Projections, propose une série d’images horrifiques – un futur de la beauté tel que l’auraient rêvé un George Franju, le Dr Frankenstein ou Franck Miller.

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100 000 ans d’histoire de la beauté pour se projeter dans ce futur là ? Le cauchemar serait il un trait inhérent à la science fiction ? Ou bien serait ce là le seul horizon possible d’une beauté déserté par la Poésie, livrée à une science devenue technique pure ?

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L’ouvrage se présente comme une façon de pyramide aztèque, chaque livre formant le socle du suivant. Mais, étrangement, le livre au sommet de la pyramide est celui consacré à la préhistoire, Fondations. Et si il y avait là une forme de lapsus des auteurs, comme une inversion du projet – au sommet il n’y aurait non pas l’aboutissement, mais le commencement ! Le sommet de la beauté était au commencement, à un âge où art et science étaient indissociables. Ensuite l’histoire s’élargit, s’étend et s’abîme dans un futur abyssal – manière d’apocalypse de la beauté. Culture judéo-chrétienne quand tu nous tiens…

Je suis impatient d’en commencer la lecture… Mais pas certain de savoir par où commencer.